« Faire de l’éducation une force qui réunit les peuples, les nations et les cultures pour construire un monde en paix et un avenir durable »

UWC a 50 ans!

« Happy Birthday to youuuu! »

Un groupe hétéroclite s’étalait sur la plus longue table jamais vue par le Café de l’Industrie, parlant tantôt l’anglais, tantôt le français, tantôt l’espagnol, tantôt toute autre langue jugée adéquate par les interlocuteurs concernés…

« Happy Birthday to youuuu ! »

Panaché d’âges, de complexions, de centres d’intérêts, le rassemblement intriguait beaucoup ses voisins, beaucoup plus homogènes à leurs tables respectives, beaucoup moins sonores aussi.

« Happy Birthday to youuuu… double-U C ! »

Des hugs d’une spontanéité terrifiante, des exclamations de surprise, des retrouvailles tant espérées, des discussions enflammées, un maelström de stimulus de tous types.

« Happy Birthday toooooo youuuu… »

Des applaudissements. Des sourires. Une espèce de bonheur qui transpirait de l’atmosphère. Quelque chose de tout à fait irrationnel. Quelque chose de presque monstrueux pour les non-initiés. Une nouvelle bouffée d’un oxygène trop rare pour les initiés.

Le cinquantième anniversaire d’UWC en France, brillamment organisé par Hugo Passarello Luna, eut lieu le vendredi 21 septembre 2012 entre 20h et 2h du matin pour les plus tardifs. Il regroupa une trentaine d’anciens élèves des Collèges du Monde Uni, et presque autant de nationalités. Il permit à tout un chacun de vérifier que la magie UWC opérait encore après tant d’années (ou si peu, pour les plus jeunes d’entre nous). Il permit également une piqûre de rappel des valeurs des Collèges, de nos engagements sur le long terme en tant qu’anciens élèves. Il permit enfin un excellent moment passé tous ensemble, le renforcement d’anciens liens, et la création de nouveaux rapports amicaux voués à porter des fruits et, espérons-le, des projets pour ramener le monde vers la vision que nous avons pour lui.

Il y aura d’autres rencontres, d’autres échanges, d’autres plans tirés sur la comète dans la capitale très bientôt, et ce sera avec plaisir que nous vous accueillerons si vous êtes de passage par Paris, vous qui êtes, de près ou de loin, liés au mouvement UWC.

Laure, LPCUWC’11

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Je n’avais jamais traversé l’Adriatique, je n’avais aucune idée de ce à quoi ressemblaient les Balcans, je ne savais pas quoi m’attendre de Mostar, ni de UWC.

Dix jours après mon arrivée, le soir de mon premier jour de cours, voici mes premières impressions.

La Bosnie et Herzégovine est un pays difficile mais magnifique, plein de contrastes et de contradictions, Mostar est une grande ville qui alterne des constructions modernes et des bâtiments détruits, des grands shopping centers et des supermarchés et des petits kiosques et des marchés locaux.

Les deux cotés de la ville sont très différents, la première fois que je suis passée du coté bosniaque, j’ai été surprise par le muezzin, maintenant je passe mes après-midis à marcher entre les résidences, à passer d’un coté à l’autre de la Neretva, qui par les 35-40 degrés habituels de l’été local, semble très attirante.

J’emploie le mot ‘local’ parce que c’est le terme utilisé pour ne pas discriminer les serbes, les croates et les bosniaques en parlant de la langue ou du pays. Les ‘locaux’ se définissent ‘locaux’, ils parlent ‘local’, c’est un peu une façon d’enfreindre les barrières et de ne pas heurter les autres, parce que ici, ça n’intéresse personne si quelqu’un est serbe, bosniaque, croate ou kosovare; les nord-coréens et les sud-coréens déjeunent ensemble, ainsi que les israéliens et les palestiniens…

La vie est un peu frénétique, du moins jusqu’au début des cours, le planning de la semaine d’introduction, qui a en fait duré 10 jours, n’était pas très chargé et nous avions quelques activités et beaucoup de temps libre, que nous avons très vite rempli par une série de cafés et de limonades (fraichement pressées, à la locale!), des jeux dans le parc, des matches de rugby entre résidences…

Aujourd’hui les cours ont débuté et j’ai un free block avant d’avoir deux heures d’économie, je suis partie prendre l’énième limonade avec trois Allemands, dont un est d’origine Sud-Coréenne et l’autre provient d’une minorité chinoise en Indonésie, deux Néerlandais, une Brésilienne, un Israélien et une Autrichienne.

C’est la chose fantastique de UWC: on peut déjeuner entre un Turc, une Georgienne-Israelienne et un Nord-Coréen en discutant de cuisine, prendre un café avec deux Espagnols, un Américain et une Finlandaise et débattre farouchement à propos de Wikileaks et Julian Assange ou regarder un film nouvelle vague avec un Israelien. Nous avions l’intention de regarder tous les films de Godard, en fait, mais nous avons calculé que ça risquerait de nous prendre juqu’à la fin de la deuxième année !

Parfois on se sent un peu perdu dans la foule de personnes, parfois on doit s’isoler un peu pour penser, parce que meme dans les chambres il y a toujours du monde, parfois on se sent un peu nul en parlant avec les autres, qui ont plein de talents et de capacités, mais il y a toujours quelqu’un pour parler en prenant un thé, pour nous remonter le moral. Cette année se présente comme très intense et frénétique, il faut réussir à gérer les cours, les CASes, prendre soin de soi et de ses affaires alors qu’il y a toujours mille personnes, mille projets, mille activités, mille tentations… C’est pour ça qu’on dit qu’il n’y a jamais deux jours pareils à UWC!

Sarah est arrivée!

Dobar Dan!

Je suis une Firstie comme tout le monde nous appelle ici, et je suis partie le mercredi 22août pour UWC in Mostar, en Bosnie-Herzégovine. Je suis partie de l’aéroport de Frankfurt en Allemagne, puis passée par Wien en Autriche, où je suis tombée sur mes co-years d’Angleterre. Puisqu’elles n’avaient pas de tampon officiel de leur ville prouvant qu’elles avaient le droit de voyager sans parents jusqu’en BiH, elles ont dû rester à l’aéroport jusqu’au prochain vol, et j’ai continué mon voyage toute seule.
Arrivée à l’aéroport de Sarajevo, deux Second-years m’ont accueilli gentiment, et m’ont emmené au bus qui nous roule jusqu’à Mostar. Dans le bus, j’ai rencontré Margherita, ma co-year d’Italie.
Dès mon arrivée, j’étais sidérée par le changement de paysages. Les routes sont souvent trouées, certaines maisons sont encore détruites à cause de la guerre 1992-1995. Personne ne porte de casque en moto et des collines énormes très désertes à cause de la chaleur forment un „background“ magnifique. Tellement de choses que je n’ai pas l’habitude de voir en France.
Après deux heures de trajet jusqu’à Mostar et de nombreux virages, montées et descentes, j’ai été déposée devant ma résidence. J’y ai découvre ma chambre que je partage avec deux filles bosniaques et là, l’aventure commence réellement! Des dizaines de noms et de têtes à retenir, et tous de pays différents…
Avec un peu de recul, je peux dire que ce premier jour a été le pire de tous. On ne se sent pas chez soi, et on se dit: „Comment vais-je survivre deux ans ici?“. Mais en fait, les gens sont tellement simpathiques, souriants, et toujours prêts à aider qu’en quelques jours on a déjà sa petite famille.
Voici un exemple: dimanche nous avions le premier karaoké de l’année. Au bout de quelques chansons, l’ambiance devenait déjà plus familière, et vers la fin, tout le monde formait une grande chaîne ensemble et chantait (ou plutôt criait…).
Allez, un autre exemple pour illustrer la „crazy attitude“ des UWCiens: Aujourd’hui, nous avons fait une expérience qui consistait à être le maximum de personnes dans une chambre destinée à UNE seule personne. Résultat: plus de 20 rentrent! Maintenant, je vois ma chambre d’un angle bien différent 😉
Les cours commencent dans une semaine, et je viens de choisir mes matières, que je peux encore changer jusqu’à la fin septembre. Mais même sans cours, je n’ai pas beaucoup de temps pour moi! Les fameux 3S (Socialize, Study, Sleep) sont compliqués à gérer: même sans Study, je n’ai pas le temps de Sleep!

À bientôt!

Sarah

Des nouvelles d’Eliott

« Il n’y a plus que deux semaines de cours avant la fin de l’année ». Quand les professeurs nous ont annoncé ça, je n’en croyais pas mes oreilles. Comment est-ce que la première année de cette expérience inoubliable était-elle déjà terminée ?

Quand je repense à cette année, je pense à quelques petits bas : la quantité ahurissante de travail qu’on nous donne pendant cette fin d’année en particulier ; travailler jusqu’au aurores dans les salles de classe pour rendre trois commentaires le lendemain, ce n’est pas ma tasse de thé. Cependant, une fois cela mis à part, le nombre de hauts est assez impressionnant, voici les premiers qui me viennent à l’esprit : la communauté vraiment serrée, avec laquelle on apprécie la vie de tous les jours et le respect qui règne sur le campus, les conversations avec des gens de partout autour du monde : on a chaque jour l’occasion de découvrir quelque chose de nouveau car il y a tellement de points de vue différents, tant de cultures différentes. Il y a aussi ‘One World’, le spectacle crée par le collège et vu par plus de 4000 personnes au théâtre de Victoria. C’est une expérience incroyable où toutes les cultures se mélangent à travers la danse et la musique.

(Voici le lien pour les deux parties du spectacle Partie 1 : http://www.youtube.com/watch?v=FWLzOvCghe8, Partie 2: http://www.youtube.com/watch?v=j9w8UHMYKKA&feature=relmfu A ne pas manquer !)

Il y a également les semaines de projet, où nous sommes forcés hors du collège et nous devons accomplir soit un challenge, soit augmenter notre créativité ou encore rendre un service social. Un exemple de semaine de projet. Quatre premières années, Kahembi de la Zambie, Miguel du Venezuela, Laughlin de Manitoba, un des provinces canadiennes, Jordan de la Colombie Britannique ainsi que moi-même, sommes allés dans la communauté de Jordan, au nord de la province. Une fois là-bas nous avons fait découvrir aux enfants des écoles nos pays respectifs, leur enseignant un peu plus sur nos cultures. Nous avons fait ça pendant trois jours, puis ensuite, nous sommes allés grimper une montagne enneigée avec l’aide de raquettes et du beau-père de Jordan. Une expérience difficile, mais incroyable en même temps.

Mon autre semaine de projet était un projet de photographie à travers la ville de Vancouver. Assez difficile à expliquer en soit, mais la vidéo du projet parle pour elle-même : http://www.youtube.com/watch?v=JinAahcTC24 (Ne pas oublier de la regarder en HD sur youtube ! La qualité est changeable en cliquant sur l’écrou en bas à droite de la vidéo)

Bref, tant de choses incroyables et inoubliables dont je vais me souvenir toute ma vie. Cela m’as permis de prendre conscience d’une chose importante : cette expérience est courte, mais richissime sur tous les niveaux, que ce soit socialement, culturellement ou scolairement parlant. Me voici au milieu de mon été, et je suis déjà impatient de retourner à Pearson, afin de retrouver mes amis, et de rencontrer une nouvelle vague de personnes incroyables avec qui je partagerai un nombre incalculable d’aventures, de discussions et de découvertes.

Du fin fond de l’Allemagne à Paris, pour le weekend d’intégration.

Je venais d’arriver dans le petit village de Großlangheim, d’environ un millier d’habitants pour passer un mois en Allemagne, quand je suis repartie à Paris pour le weekend d’intégration.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’avais hâte de revoir mes co-years : Sarah, qui partira avec moi à Mostar ; Ivan, qui ira à Pearson, au Canada ; Tristan, Mahindra, en Inde et Hugo et Nikita, Adriatic, en Italie. J’allais finalement rencontrer Gautier, mon second year, qui est depuis l’an dernier à Mostar, avec qui j’étais déjà un peu en contact et tous les autres UWCers français.

L’aventure a commencé dans le train : lors du contrôle des papiers à la frontière française, j’ai découvert que mon voisin était Serbe, ce qui m’a permis de discuter longuement de la situation du pays et de comprendre à quel point la haine est profonde et enracinée. Il m’a parlé de son enfance pendant la guerre, de ce qu’il aimait de son pays et de son désir qu’il se divise selon les trois ethnies.

Et puis je suis arrivée à Paris.

En un weekend très dense, j’ai reçu des conseils, des idées, j’ai échangé librement mes opinions avec des personnes que je venais de connaitre, nous avons parlé de UWC, du choix des matières, de nos expériences et de nos attentes pour les deux années d’école à venir, mais aussi d’université, de projets, de futur… J’ai maintenant les idées beaucoup plus claires sur le parcours que j’aimerais suivre ; j’ai connu des actuels UWCers qui m’ont renseignée sur les collèges et des alumni qui m’ont permis de mieux comprendre le passage à l’université et qui m’ont parlé des facs qui pourraient m’intéresser. J’ai senti une grande disponibilité et solidarité autour de moi.

Parmi les activités, celle qui m’a plu le plus a été d’écrire une lettre à un de mes co-years, remplie des choses positives que j’ai quelques jours remarquées sur lui, qu’il recevra lors du premier semestre, quand c’est plus facile d’avoir un petit coup de blues et on se demande ce qu’on fait dans une école du genre. Ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve à penser et à noter toutes les belles choses qu’on trouve en quelqu’un et de les lui faire savoir.

Puis je suis retournée à Großlangheim, où mes camarades de voyage m’attendaient et je mourais d’envie de tout leur raconter. On m’a dit que mes yeux s’éclairent quand j’en parle.

Espoir

"Espoir"

Merci Quentin!

Ivan est sélectionné!

« Bon, eh bien, on les appelle ? » : voilà ce que mon père a dit après qu’on ait fini de diner il y a deux semaines. Ici, il était 20:30, mais en France, il était 15:30, l’heure décisive pour tous ceux qui avaient été au weekend de sélection. Je me mets a débarrasser la table : je ne veux pas être dans la même pièce pendant que mon père et au téléphone. Dans la cuisine, après avoir déposé les assiettes, je deviens très intéressé dans le fonctionnement de notre bouilloire. On l’enlève comment ce couvercle ? On le dévisse ? Il y a un bouton ? (Je vais être honnête : j’y ait passé cinq minutes, mais je n’ais pas trouvé). Finalement, je rassemble mon courage et je retourne dans la salle à manger. Mon père est toujours au téléphone. Mon frère mange (toujours) des fruits. Ma mère sourit. « Tu es pris. »Il y a deux ans, mon frère est parti vivre dans un truc qui s’appelait UWC. Moi, tout ce que j’en savais c’est que c’était un réseau d’internats qui se trouvaient autour du monde, avec des enfants du monde entier. Pour moi, les internats ont toujours eut une connotation un peu négative. Alors quand les gens me demandaient si j’allais faire la même chose que mon frère, je disais « Non. Ca m’intéresse pas. C’est pas pour moi. » Mais ça c’est avant que je découvre ce qu’est UWC, que je découvre ses buts et idéaux (avant, tout ce que j’avais entendu c’était des bouts des explications que mon frère donnait aux personnes qui ne connaissaient pas UWC.) C’est avant que je lise des témoignages d’élèves de UWC, avant que mon frère nous appelle en nous parlant de sa super expérience. C’est avant que je me rende compte que les collèges UWC, ce n’est pas des internats normaux, mais des endroits de rencontre et d’éducation incroyable. Et puis, en deux ans, je suis passé d’une ignorance du mouvement à une véritable envie d’en faire partie. Donc j’ai rempli et envoyé mon dossier. J’étais très content quand j’ai appris que j’étais invité au weekend de sélection. Même le weekend était une expérience mémorable (il suffit de lire les articles, vous verrez !). C’est après que la longue attente a commencé (ce n’était que deux semaines, je sais, mais ça m’a parut plus long). Alors, quand, la semaine dernière, j’ai appris que j’étais pris a Pearson College, j’étais débordé de joie. Je vais enfin pouvoir faire partie d’un UWC, rencontrer de nouvelles personnes venant du monde entier, travailler avec elles, discuter avec elles, vivre avec elles et partager une expérience incroyable. Je vais pouvoir écrire ces témoignages qui m’ont donné l’envie de postuler. Bien sûr, je sais que ça ne sera pas toujours facile (surtout le début), et surtout, que c’est une expérience qui requiert de la responsabilité (l’école avant la fiesta, par exemple).J’arrête pas de dire « je vais, je vais » mais je suis impatient de dire « je suis, je suis ». Plus que 129 jours jusqu’à la rentrée ! (Je n’avais jamais imaginé qu’un jour je serais content en disant ça).